CD
N° 2:
Extrait
n° 1 :
Le chat
du zoo
Tout le monde
connaît le zoo. C'est un grand parc plein de tous les animaux possibles
et inimaginables qui peuvent vivre dans notre pays. La plupart sont
en liberté.
Les lions par
exemple, habitent de magnifiques rochers autour desquels ils creusaient
un fossé assez large pour leur ôter l'envie de le sauter. Tandis
que les serpents, eux, peuvent se croire en liberté, ils sont dans
des cages de verre qui leur permettent de voir le paysage et les
visiteurs. Peu de visiteurs d'ailleurs s'arrêtent devant ces cages
car on n'aime pas trop les serpents.
Les singes
eux, ont un véritable petit bois à leur disposition. Ils passent
leur temps à sauter d'une branche à une autre, à monter et à descendre,
tout en dansant. De plus, ils font des concours de grimace où ils
sont toujours gagnants.
Ce qui est
certain, c'est que dans le zoo, chaque animal a sa vie bien à lui.
On le soigne, on le surveille, il y a pour cela des gardiens et
des vétérinaires. Mais la personne qu'ils préfèrent, parce qu'elle
les comprend et qu'elle bavarde avec eux, c'est la concierge.
...
Elle avait
raison la concierge car, sans avoir l'air de rien, son travail était
beaucoup plus important que ceux des gardiens et des vétérinaires.
Les gardiens donnaient à manger aux animaux ; les vétérinaires les
soignaient quand ils étaient malade ; mais la concierge, elle, leur
donnait de l'amitié et du bonheur.
...
"Voilà Monsieur
le Directeur, je sais que vous êtes très occupé mais ça ne pouvait
pas attendre. C'est rapport au loup."
"Il est malade
?"
"Pas exactement
mais, on voit bien qu'il n'en peut plus d'être malheureux. Sa cage
est trop petite. Je connais une qui est inutilisée et que mon mari
pourrait repeindre si vous voulez bien. Et puis, il faudrait mettre
la nouvelle cage dans le quartier des autres animaux. Là où se trouve
le loup, en ce moment il est trop seul. Il se croit un pestiféré.
S'il avait de la compagnie, il irait mieux."
"Pourquoi
vous intéressez-vous au loup, demanda le directeur, je ne crois
pas qu'il puisse comprendre ce que l'on fait pour lui."
...
En reconduisant
la concierge à la porte, le directeur ajouta : "Ah, c'est vous
qui avez le plus beau rôle dans notre zoo."
"Oh merci,
merci de tout, Monsieur le Directeur."
...
Cette "tournée
du bonheur", comme tout le monde l'appelait, durait toute la matinée.
La concierge n'y était pas seule car, les animaux que l'on laissait
en liberté, l'accompagnaient pas à pas. Ses plus fidèles accompagnateurs
étaient surtout l'éléphant, la girafe et le chameau, tous à la queue
leu leu. Elle avait forcé le chameau à suivre en dernier car, il
avait si envie de prendre la concierge sur son dos entre ses 2 bosses
comme il le faisait pour les enfants qu'on photographie ainsi l'après-midi,
qu'il courait devant elle, se mettait à genoux et se prosternait
afin qu'elle pût lui monter dessus plus facilement.
...
Nous devons
à la vérité d'avouer qu'un animal pourtant, dans le zoo, n'aimait
pas la concierge. C'était le tigre. Quand il voyait venir de loin
la procession habituelle, il crachait de mépris. "Ah, disait-il,
encore cette vieille bonne femme, elle n'est pas drôle du tout,
je sais qu'elle est gentille avec tout le monde mais moi, on dirait
qu'elle ose à peine me parler."
De fait, en
passant devant la cage du tigre, la concierge avait un léger recul,
car une fois, le tigre lui avait joué un mauvais tour, il était
très fort en comédie. Il s'était aplati par terre, le museau entre
les pattes comme un chien malheureux et lui avait fait pitié. Alors,
abandonnant toutes règles de prudence, elle s'était approchée trop
près de la cage. Rapide comme l'éclair, le tigre avait lancé sa
patte entre les barreaux et plantait ses griffes dans le manteau
de la concierge, tant il avait arraché un bon morceau.
...
La vie coulait
tout doucement au zoo avec cette quotidienne tournée du bonheur,
lorsqu'un jour, le malheur vint souffler sur ce jardin comme un
vent méchant. Le malheur, et oui, le seul malheur qui pouvait tout
gâcher pour tout le monde : La concierge tomba malade.
Il fallait
voir la déception des animaux. Le premier matin qui se passa sans
elle, ils l'attendirent tous, croyant se tromper d'heure. Le chameau
envoyait sans cesse la girafe vérifier l'heure à la grande horloge.
Mais non, ce n'était pas une affaire d'exactitude. Le lendemain
matin non plus, les animaux ne virent pas leur amie, ni le surlendemain.
...
"Elle va guérir,
elle va guérir, je parie mes 2 bosses qu'elle nous reviendra", disait
le chameau en tapant du pied. Il avait les yeux plein de larmes
et faisait sa grosse lippe, "mais il faudrait l'aider, allons, réfléchissons,
quand on réfléchit on trouve toujours."
"Moi, dit l'éléphant,
j'ai en tout cas trouvé quelque chose qui lui fera plaisir. Son
mari a trop à faire et il est trop triste, il laisse se faner les
plantes qu'elle aime tant. Aussi, le matin, de bonne heure, j'irai
prendre de l'eau au bassin avec ma trompe et j'arroserai tout ce
qui pousse autour de la petite maison."
...
"Oh, si tu
savais comme je m'ennuie ici toute seule sans personne à qui parler
puisque tu es absent toute la journée pour ton travail, moi qui
aimait tant les animaux, c'était une merveilleuse compagnie."
"Tiens, tu
me donnes une idée, lui dit son mari, dès demain, tu en auras de
la compagnie, je te le promets."
"La girafe
répéta cela à ses amis."
"Et alors ?
Et alors ? Questionnèrent-ils
inquiets. Qui est-ce qui va nous remplacer dans son cœur ? Retourne
à la fenêtre demain matin, sans faute girafe."
"Je reviens,
je reviens. Mes pauvres amis, tout est changé."
"Pourquoi ?
Qu'est-il arrivé ?"
"Elle n'aura
plus besoin de nous, quelle catastrophe !"
"Explique-toi."
"Son mari lui
a rapporté un chat."
...
Extrait
n° 2:
La petite
fille la plus riche du monde
Guillaume
n'était jamais si content que lorsque ses parents lui chargeaient
d'aller récolter le dessert pour la journée.
Nul mieux que
lui ne connaissait les bons endroits qui n'appartiennent à personne.
Il emportait
toujours 2 paniers : un grand pour les mûres, un plus petit pour
les myrtilles. Les noisettes, il les mettait dans ses poches.
"Je fais beaucoup
de poches à tes pulls, lui disait sa mère, pour que tu puisses ramasser
beaucoup de noisettes. Il faut avouer que en ce qui concerne les
desserts, tu es imbattable."
...
Guillaume regardait
autour de lui, là haut vers la route, quand tout à coup, une énorme
motocyclette comme celle des motards de la police, sauta le remblais
et alla s'écraser avec son occupant au fond du ravin. Guillaume
se pencha pour la voir mais elle était tombée trop profond et on
ne la voyait pas.
Les yeux écarquillés,
il n'eut pas le temps de se poser des questions. On entendait un
grand bruit de tôle écrasé et il grimpa vite sur la route, une auto
s'était retournée à l'envers et restée plantée dans la pente. Dans
l'auto, il y avait 2 hommes sur la banquette avant et sur la banquette
arrière, une femme et une petite fille. Les 2 hommes et la femme
s'étaient recroquevillés, ne bougeaient pas.
"Ils sont peut-être
morts", pensa Guillaume.
...
"Ne bouge
plus, lui cria Guillaume en cognant contre la vitre, je vais te
sortir de là. Reste tranquille."
La petite fille
le regarda avec des yeux terrifiés et elle se tut. Alors Guillaume
lui fit signe de tourner la manivelle qui ouvrait la vitre déjà
baissée à moitié. Elle comprit et fit ce qu'il disait, après quoi,
elle se pencha tant qu'elle put en essayant de se faufiler au dehors.
Guillaume la saisit aux épaules et la tira si fort qu'ils tombaient
ensemble les 4 pattes en l'air. Guillaume ne put s'empêcher de rire.
...
"Le motard
qui roulait devant était de la police, le monsieur à côté du chauffeur
est un détective, et le chauffeur c'est le garde du corps de mon
père."
...
"Est-ce que
tu sais faire comme les indiens ? Colle ton oreille par terre et
écoute un peu. Il me semble qu'il y a des gens qui viennent."
"Oui, on vient."
"Oh vite,
sauve-moi et cache-moi."
...
"Oh, plus grand
bien sûr. Mais qu'est-ce que tu es maintenant ?"
"Je suis la
petite fille la plus riche du monde."
"Ça n'est
pas vrai, menteuse, combien d'argent tu as sur toi ?"
"Je n'ai jamais
d'argent sur moi, papa ne veut pas." "Ben, dans ce cas, tu n'es
pas riche du tout."
...
"Justement
oui, je m'appelle Marie-Eve."
"Oh que c'est
joli. Alors, tu vas pouvoir venir habiter chez nous. J'espère que
papa et maman t'accepteront, même si tu es trop riche. N'empêche
si tu es riche, je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas d'argent."
"Je t'ai déjà
expliqué que c'est à cause des voleurs."
"Oh tu es curieuse
toi, puisque tu n'as jamais d'argent, qu'est-ce qu'ils pourraient
te voler les voleurs."
"Ce dont j'ai
peur, ce ne sont pas des vrais voleurs qui volent, papa dit que
ce sont des gangsters. Et s'il m'envoyait loin de la maison avec
Mademoiselle et des policiers, c'est parce qu'on voulait me voler
moi. M'enlever enfin."
"Ah, je comprends
maintenant. On veut te kidnapper ?"
...
"Papa, maman,
dit Guillaume d'une voix assurée, j'ai trouvé une Marie, qui pourra
faire la 7ème, c'est mon amie. Si vous voulez, elle pourra habiter
ici. Je suis sûr que vous l'aimerez."
"Comment s'appelle-t-elle
?"
"Marie-Eve."
Mes parents
se regardèrent stupéfaits.
"Elle est
bien sympathique mais où l'as-tu trouvée ? Et pourquoi dans cet
état ?"
"Je l'ai trouvée
dans le fossé, elle avait eu un accident. Mais elle n'est pas blessée.
Elle a seulement eu très peur parce que je crois que tous les autres
sont morts."
"Qu'est-ce
que tu racontes là, mais quels autres ?"
"Ceux qui
l'accompagnaient. Il y avait un motard, un détective et sa gouvernante.
Ils étaient au fond du grand ravin. Vous n'avez pas entendu les
pompiers ?"
...
"Pourquoi cacher
?"
"Elle avait
peur des gangsters."
"Vous avez
trop d'imaginations les enfants. Je vais téléphoner pour avoir des
renseignements par la police."
"Oh non Monsieur,
je vous en prie, ne dites pas que je suis là, protesta Marie-Eve
qui se remit à trembler. Vous le direz seulement à mon père. J'ai
trop peur."
...
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Extraits
du CD n° 1
Extraits
du CD n° 3